Résidence#1

14 septembre 2020 Pier Porcheron

Ça y est nous y sommes. Nous avons commencé à jeter les bases de ce prochain spectacle. Nous nous sommes lancés sur le plateau pour expérimenter, essayer, voir, sentir et tenter de saisir ce que sera cet 'Homme à abattre'. C'est une nouvelle aventure qui commence. Nous ne partons pas d'une histoire déjà écrite, que nous adaptons comme nous l'avions pratiqué avec Shakespere et Maupassant. Cette fois-ci il s'agit d'écrire notre propre histoire. Une création originale qui a de grandes influences: Macbeth et David Lynch. On travaille sur le mal. Mais je veux l'aborder par un biais esthétique fort qui est celui du burlesque et du film d'horreur.

Alors on commence à travailler sur le classique du burlesque: les gags, la planche de bois, la peau de banane, les entrées et sorties ... C'est drôle, ça fait mal, c'est encourageant. Puis on se tourne vers le théâtre noir. Tout de suite se confirment la dimension fantasmatique et les possibilités magiques de cette utilisation particulière de la lumière. L'horreur peut se déployer dans ce mince corridor: décapitations, apparitions et disparitions, angoisses ... tout est réalisable et de manière non réaliste ! Le ralenti, le gros plan, le travelling ont toute leur place mais pas vraiment comme au cinéma. C'est à dire que le décalage induit par cette technique est visible mais on "dirait qu'on est comme au cinéma".

Maintenant, il faut aussi reprendre notre canevas, les grandes lignes de notre scénario: raconter le basculement dans le mal d'un des trois protagonistes. Celui qui a détruit ce qui ne devait pas être détruit. Le sacrilège. Il faut mettre en place la dimension du conte (il était une fois, dans une forêt enchantée, trois amis qui vivaient en harmonie...) qui est la base de Macbeth. Puis trouver le point de bascule. Violent et mystérieux. Comme dans Blue Velvet ou bien Lost Highway ...

Oloron Sainte Marie, juillet 2020